Pour une recherche participative ?
La ferme de la Bergerie est un lieu qui accueille régulièrement un groupe composé de chercheurs et autres personnes impliquées dans le réseau bio. Ce groupe est appelé comité du 6 juin, date du premier seminaire ayant rassemblé ces personnes. Ces dernières réfléchissent sur le type de recherche à mener en agriculture biologique. Elles viennent d’endroits aussi divers que la chambre d’agriculture de Seine et Marne (Claude Aubert), Arvalis-institut du végétal (Philippe Viaux), l’Inra (Institut National de Recherche Agronomique), l’ITAB (Institut Technique de l’Agriculture Biologique), l’ENSAR (Ecole Nationale Supérieure d’Agronomie de Rennes), France Nature Environnement, le ministère de l’agriculture et de la pêche...
Qu’est ce que la recherche participative?
Le principe de la recherche participative est d’associer chercheurs et professionnels dans une démarche collective. Le mot « participative » renvoie à la participation effective des professionnels dans l’ensemble du processus de recherche.
En effet, les 50 dernières années ont promu une tendance inverse, celle consistant à dissocier l’activité de recherche des autres activités sociales: le chercheur dans son laboratoire, l’agriculteur dans les champs !
Mais la recherche en laboratoire a vite des limites, elle n’étudie que des systèmes artificiels recréés dans le laboratoire, elle ne permet pas d’étudier des systèmes réels, ce qui a pénalisé les recherches dans les domaines de l’agronomie, de l’écologie. Or, l’agriculture biologique revendique une approche globale et une étude des systèmes réels. Il faut donc faire de la recherche en champ.
Pour de telles recherches, une coopération étroite entre chercheurs et agriculteurs est nécessaire. L’approche globale en l’occurrence implique une recherche participative.
Une expérimentation unique en France sur la fertilité des sols en système céréalier bio sans élevage
La ferme de la Bergerie est le lieu d’une expérimentation concernant la durabilité de systèmes de productions céréalières biologiques sans élevage (le dispositif de la Motte). Cette étude est menée par Arvalis-institut du végétal et la chambre d’agriculture de Seine et Marne, les deux maîtres d’oeuvre étant Philippe Viaux et Claude Aubert.
Ces dernières années un nombre croissant de producteurs s’est converti à l’agriculture biologique et un certain nombre d’entre eux ne souhaite pas acquérir d’élevage pour des raisons d’investissement financier et personnel. Le dispositif de la Motte a donc été mis en place à la Bergerie afin de vérifier si il est possible de vivre en cultivant un maximum de plantes à destination de l’alimentation humaine et en se passant de compost animal. Les objectifs sont donc de voir si ce système est viable d’un point de vue économique et social (en terme d’emploi notamment), et si il est agronomiquement durable.
Ce dernier objectif est le seul à avoir été abordé jusqu’à présent. Il a fait l’objet d’un mémoire de fin d’études d’ingénieur disponible en ligne. L’étude porte plus précisément sur l’élaboration d’une méthode de suivi de la fertilité des sols au cours du temps et sur la réalisation des premières mesures et observations de terrain. En outre des méthodes d’analyses biologiques encore au stade de la recherche ont été employées. Le dispositif mis en place permet de les tester et de les comparer entre elles.
La ferme est également le lieu d’autres expérimentations qui concernent notamment les semences, la qualité des blé ou encore le compostage
Pour en savoir plus sur les études, expérimentations et réflexions menées sur la ferme, consultez la page publication.