Les rôles de la forêt :
La forêt a tout d’abord un rôle de production : les taillis (de charme bien souvent) sont exploités en bois de chauffage alors que les arbres de futaie, lorsque leur qualité le permet, sont davantage valorisés par la vente en bois d’œuvre.
La forêt est également un lieu privilégié pour les activités de chasse et de promenade. Durant la période de chasse, ces deux types d’usagers de la forêt cohabitent parfaitement sur la ferme car une journée du week-end est réservée à la chasse tandis que l’autre est dédiée aux promeneurs.
Enfin, le rôle environnemental de la forêt est important : c’est un milieu qui agit comme un filtre qui épure l’eau. En fixant le carbone atmosphérique sous forme de bois et dans le sol, le milieu forestier permet aussi de lutter contre l’effet de serre. Les forêts protègent également les sols contre l’érosion : par protection physique contre les impacts des gouttes de pluie, mais aussi en favorisant le drainage vertical, ce qui évite les coulées d’érosion. Le travail des racines favorise la circulation d’air et d’eau et elles remontent des éléments minéraux issus de la dégradation de la roche mère. Cela favorise la vie des sols, d’autant plus que les taux de matières organiques sont élevés dans les sous bois. Enfin, c’est le lieu d’une grande biodiversité.
La forêt est un patrimoine qui se gère sur le long terme. Nous récoltons les arbres plantés par nos parents et plantons pour nos enfants...
Etat des lieux de la forêt sur la ferme :
Sur une superficie totale de 230 ha, les massifs forestiers se répartissent en 2 grands massifs (bois de la Moinerie et bois de Morlu) et deux massifs plus petits (bois du Coudray et bois de la Butte). Une centaine d’hectares concerne de jeunes plantations alors que le reste est majoritairement constitué de taillis sous futaie (mélange d’arbres de plein pied et de rejets de souches).
Un petit historique sur la gestion forestière menée sur le domaine :
Jusque dans les années 1980, très peu d’importance a été accordée à la ressource sylvicole de la ferme. La priorité demeurait bel et bien l’activité agricole. La forêt était délaissée, non entretenue : elle était une simple source de revenus par la vente de bois et se dégradait. Devenue propriétaire, la Fondation s’est attachée à restaurer les massifs. Les zones les plus endommagées ont subi des coupes rases et ont été replantées en essences plus nobles : chêne, merisier, alisier, fresne, hêtre, érable et pin laricio. Dans les autres zones, très hétérogènes, une sylviculture adaptée a été mise en place par un expert forestier. L’objectif est de produire des arbres de qualité destinés à faire du bois d’œuvre ou bien du bois de chauffage.
Les coupes rases sont désormais proscrites car elles ont des impacts négatifs sur l’environnement (notamment sur l’érosion des sols). Les arbres abattus sont sélectionnés individuellement : on parle de jardinage. C’est une technique beaucoup plus exigeante en main d’œuvre. La régénération naturelle est actuellement privilégiée par rapport à la plantation.